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Libres réflexionsQuestions posées par une éducatrice africaine :
Vos questions soulèvent des réflexions complexes et chacun est convaincu d’avoir la meilleure réponse. Je ne pourrais vous
communiquer que mes propres réponses qui ne seront donc que l’avis d’une personne guère plus compétente qu’une autre et
surtout très éloigné des réalités que vous rencontrez quotidiennement sur le terrain.
A mon avis il est important d’offrir aux enfants avant tout, la possibilité de se réaliser eux-mêmes c’est ainsi qu’ils sauront
plus tard construire leur famille, choisir leur métier et contribuer à créer un pays démocratique et accueillant à tous quelles
que soient leurs opinions individuelles.
2/ Que doivent faire les parents ?
D’abord les aimer, s’occuper d’eux, être présent et répondre à chacune de leurs interrogations, écouter et libérer leur
développement. Mais aussi respecter autant leurs enfants qu’ils souhaitent être respectés eux même. Pour être respecté,
il faut être respectable. Il est important qu’ils définissent des règles et des limites à leurs enfants : La connaissance
de l’interdit permet la connaissance de soi. Faire le mal et avoir mal vont de pair dans l’esprit des tout petits. Ne jamais
frapper un enfant est une règle, mais l’enfant doit savoir quand il dépasse les bornes et un seul petit coup aura d’autant
plus de valeur qu’il sera exceptionnel et surtout bien expliqué.
3/ Faut-il les abandonner en cas de sécheresse économique ? Si le pays est malade économiquement, si la nature les prive de tout, il n’existe guère de solution à part reconstruire le pays lui-même et les enfants seront les futurs constructeurs du pays. Leur faire comprendre dès qu’ils le peuvent les différentes causes que chacun prétend être à l’origine de ces difficultés, leur montrer les gestes qui améliorent le quotidien et ce qui l’aggrave. Chacun même dépourvu de tout, peut consacrer le peu de temps ou d’énergie qui lui reste à faire un petit quelque chose qui améliore la situation. Chaque fourmi transporte son minuscule brin d’herbe et la fourmilière peut survivre. Mais si chaque fourmi agresse sa voisine ou lui prend son brin d’herbe, la fourmilière ne survit pas. 4/ Que peut être l'apport d'une fondation ou d'une ONG dans l'éducation des enfants ?
Une ONG ne peut rien apporter aux enfants, ce sont à la rigueur à leurs parents ou à leurs éducateurs qu’elle peut apporter
quelque chose, et souvent ce ne sera que des substituts matériels à des carences d’organisation du pays. Pire encore, la
présence de ces substituts prive le pays de la volonté d’agir. Si un pays à faim et que l’ONG apporte du blé, aucun paysan
local n’aura à cœur de faire l’effort de cultiver une nourriture toujours plus coûteuse et parfois moins bonne que la gratuité
des dons reçus. Si par hasard l’un d’entre eux trouvait le moyen de produire à manger, il serait le premier perdant car il
ne pourrait rien vendre face aux dons. Ainsi le pays s’enlise dans une dépendance et un arrêt de ses initiatives dont
générations après génération il ne sortira jamais.
Voilà les quelques réflexions qu’ont provoquées vos questions… Chacune de ces réponses pourrait amener à un long développement.
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